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Coronavirus : point de situation au 11 juin 2020

11/06/2020

Les bourses sont-elles déconnectées de la réalité ?

Avec des performances YTD respectives au 9 juin de -0,73 % et -11,33 % pour le S&P 500 et l’eurostoxx 50, les indices des marchés des actions semblent être en passe d’effacer les effets de la crise sanitaire au point que la question de leur déconnection par rapport au choc économique actuel se pose légitimement.

Pourtant de nouveaux éléments sont venus ces dernières semaines conforter les partisans d’un retour rapide des marchés vers les niveaux de valorisation du début d’année : 

  • L’affaiblissement surprise de l’épidémie en Europe, peut-être du fait de l’efficacité des dispositifs de traçage ou encore de la possibilité d’une immunité croisée, éloigne l’hypothèse d’une distanciation sociale persistante pendant de nombreux mois. On peut ainsi commencer à envisager la possibilité d’un redémarrage plus prononcé que prévu de la consommation.
  • La décrue du nombre de chômeurs aux USA en mai, avec 2,5 millions de créations d’emplois sur le mois, laisse à penser que le redémarrage de l’activité aux USA sera peut-être rapide.
  • Une reprise plus forte que prévu de la consommation lors des déconfinements est une bonne nouvelle. Ainsi en France par exemple et selon le quotidien les Echos du 29 mai, les ventes en magasin repartent plus vite que prévu. Les opticiens annoncent que les ventes durant les deux semaines qui ont suivi le déconfinement ont été de 100 % supérieures à celles de la même période en 2019. Les enseignes de bricolage évoquent une forte affluence. La société d’études de marché GfK signale une hausse des ventes d'électronique grand public en magasin et les enseignes d’habillement disent leur satisfaction.
  • Les plans de relance s’avèrent plus importants que ceux qui étaient anticipés. Ainsi la commission européenne milite pour un plan de relance de 750 milliards d’euros, soit de l’ordre de 5 % du PIB européen, dont 500 milliards de subventions. L’Allemagne vient de voter un plan de relance de 130 milliards d’euros, soit environ 3 % de son PIB.
  • Les taux s’inscrivent à des niveaux très bas et sans doute pour longtemps, non seulement dans la zone euro mais aux USA également où le taux 10 ans au 9 juin s’établissait à 0,82 %. 
  • Les spreads d’entreprises, dont on pouvait craindre qu’ils s’ancrent à des niveaux très élevés, sont revenus vers des niveaux plus bas du fait de l’intervention des banques centrales. Ainsi les corporates Investment Grade US et Euro affichent respectivement au 9 juin des spreads de 149 et 85 bp selon Bloomberg.
  • Le soutien des banques centrales paraît indéfectible et sans limites.
  • Les multiples de valorisation sur les bénéfices 2021 ne sont pas excessifs, de l’ordre de 16 pour ’Eurostoxx 600 selon le consensus établi par Bloomberg.
  • La sous-pondération actuelle des gérants d’actifs sur les marchés des actions peut se résorber à mesure que les marchés montent et que la confiance revient. Ce mouvement de retour vers les actions pourrait alors être un catalyseur puissant pour une poursuite de la hausse. JP Morgan estime que l’allocation actuelle des investisseurs non bancaires aux bourses est de l’ordre de 40 % et pourrait fortement progresser dans un contexte où les obligations offrent des rendements faibles.

Tous ces éléments semblent permettre d’écarter le scénario du pire et permettent d’envisager une sortie de crise maîtrisée.

Faut-il pour autant estimer que ces deux mois de confinement de la population mondiale ne laisseront pas de traces significatives sur l’économie et les marchés ? Il faut en effet garder à l’esprit quelques éléments qui sont plus préoccupants : 

  • D’abord la situation sanitaire ne se résorbe pas partout et la situation est toujours délicate en Amérique latine et aux USA. Le Center for Disease Control des Etats-Unis notait le 4 juin dernier une hausse des nouveaux cas de contamination avec 20 555 cas et on n’observe pas de dynamique baissière depuis la mi-mai. Par ailleurs certains spécialistes évoquent la possibilité d’un virus saisonnier qui reviendrait à l’automne.
  • Ensuite les plans de relance seront-ils suffisants face à l’ampleur de la récessions de 2020 ? La relance ne sera que de 3,5 % du PIB en Chine et pour l’instant le congrès américain ne s’est pas entendu sur la question. Les 5 % de PIB annoncés pour l’Union Européenne sont significatifs mais compenseront-ils la récession de près de 9 % du PIB dans la zone euro que la BCE annonçait récemment ? Ainsi par exemple le chef économiste de Unicredit déclarait il y a quelques jours au Financial Times que selon lui le PIB de la zone euro fin 2021 serait de 4 % inférieur au PIB d’avant la crise.
  • Les faillites d’entreprises vont peser sur l’activité de crédit des banques.
  • L’endettement supplémentaire des entreprises ne vont-elles pas les amener à réduire les coûts avec à la clé des réductions d’effectifs et des investissements moindres ? Cela amène Lawrence Summers, théoricien de la stagnation séculaire, à soutenir plus que jamais l’idée que l’excès d’épargne de précaution et la faiblesse de l’investissement vont amener à une croissance structurelle plus faible.
  • La résurgence de fortes tensions entre la Chine et les USA assombrissent les perspectives pour le commerce international, dont on sait qu’il a été un moteur important de la croissance mondiale ces dernières décennies.
  • Enfin les mises en demeure adressées par la justice allemande à la BCE à propos de ses précédents programmes non conventionnels posent question à un moment où le Quantitative Easing de la banque est essentiel à la bonne tenue des marchés et de la zone euro.

Dans ce contexte les prévisions de rebond des bénéfices sont-elles crédibles ? Ainsi le consensus établi par Bloomberg estime au 8 juin que les bénéfices de l’eurostox 600 pour l’année 2020 ne seront inférieurs que de 10 % à ceux de 2019 tandis que les bénéfices 2021 seront supérieurs de 20 % à ceux de 2019. Cela peut paraître  optimiste, et ne dit rien sur le parcours des bénéfices à partir de 2022. Se souvient-on des faibles progressions des EPS de l’eurostoxx 600 entre 2011 et 2016 dans la foulée de la grande crise financière ? 

S’agissant des Price Earnings, le PE sur les bénéfices estimés pour 2020 selon le consensus Bloomberg de l’eurostoxx 600 s’établit à 21,45 et celui de 2021 à 16,02, à comparer au 17,96 de 2017, 15,81 de 2018 et 21,45 de 2019.

Selon nous, PE de 2021 ne semble pas excessif mais les prévisions de bénéfices très favorables sont-elles justifiées dans le climat d’incertitudes actuel ?

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La valeur liquidative des fonds pourra aussi bien baisser qu’augmenter. Ainsi, la valeur de votre investissement pourra aussi bien baisser qu’augmenter et il est possible que vous ne récupériez pas la totalité de votre investissement initial. Nous ne sommes pas autorisés à donner des conseils financiers. Les opinions exprimées dans le présent document ne sauraient en aucun cas constituer des recommandations, des conseils ou des prévisions.

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