Confirmation du profil d'investisseur

Les informations contenues sur ce site sont exclusivement destinées aux investisseurs professionnels.

Les informations fournies sur ce site ne doivent pas être utilisées par des investisseurs particuliers.

Avant de poursuivre votre navigation sur ce site Internet, vous certifiez être un conseiller en gestion de patrimoine et avoir pris connaissance de nos « Conditions d'utilisation » . 

Veuillez confirmer que vous êtes un investisseur professionnel et que vous souhaitez accéder au site puis cliquer sur « Valider ».

Coronavirus : point de situation au 7 mai 2020

07/05/2020

Les marchés valorisent des plans de relance massifs pour l’après 2020, pourtant pas encore votés. Ces plans de stimulation sans précédent sont-ils envisageables ?

Malgré les plans de soutien colossaux déployés par la zone euro et les Etats-Unis et l’appui sans limites de la BCE et de la FED, la récession dans ces deux zones économiques sera violente en 2020 : - 5,9 % aux USA et – 7,5 % en zone euro selon le FMI (1). L’année 2021 s’annonce elle-aussi difficile avec une demande en berne et une offre en difficulté. En effet, la demande des ménages sera amoindrie par le maintien probable de mesures de distanciation sociale qui pèseront lourdement sur certains secteurs, la perte de revenu d’une partie de la population, une aversion au risque plus forte amenant un plus fort taux d’épargne et enfin un effet richesse défavorable du fait de la baisse des actifs financiers et probablement immobiliers. S’agissant de l’offre, l’endettement accrue des entreprises, les coûts de protection contre la pandémie, des conditions de financement plus difficiles, la baisse du commerce mondial et l’absence de visibilité limiteront les investissements. La croissance des années 2021 et suivantes devrait donc en souffrir et l’idée d’un rattrapage de la consommation perdue en 2020 semble peu convaincante.

Dans ces conditions, les valorisations actuelles des marchés actions semblent surprenantes sauf à envisager des plans de relance massifs qui restent à négocier de part et d’autre de l’Atlantique et à considérer que le faible niveau des taux d’intérêt justifie des PE élevés. Ainsi le S&P 500 et l’Eurostoxx 50 affichent des performances respectives depuis le début de l’année de -11,22 % et -23,21 % au 5 mai 2020. Selon les analystes, les bénéfices vont finalement bien résister en 2020, avec seulement -15 % de baisse de 2019 à 2020 pour le S&P et de l’ordre de -5 % pour l’Eurostoxx 50. Quant aux PER sur les bénéfices des 12 prochains mois, ils sont au plus haut, de l’ordre de 22 pour le S&P et environ 16,5 pour l’Eurostoxx 50 (2).

Selon nous, pour reprendre les 6 à 8 % de PIB perdus en 2020 aux USA et en zone euro et stimuler ensuite par exemple à hauteur de 1% par an la croissance de ces zones pendant plusieurs années, ce sont des plans de relance au-delà de 10 % du PIB qui sont nécessaires, en plus des plans de soutien qui ont déjà été consentis. Le thème d’investissement principal sera la transition énergétique, mais des mesures ciblées d’incitation à la consommation dans les secteurs en souffrance seront également prévues.

Les marchés intègrent déjà dans leurs valorisations ces plans de relance sans précédent. Ont-ils raison de croire à des stimulations budgétaires au-delà de 10% du PIB ? Songeons que dans le cas de la zone euro, l’OCDE appelait déjà en novembre 2019 (3) à une relance budgétaire annuelle de l’ordre de 0,75 % du PIB européen pendant 5 ans (soit 4% du PIB en cinq ans) pour un surcroît probable de Produit Intérieur Brut  de 1,8 % au terme des cinq ans. Autant dire que les discussions actuelles autour d’une relance européenne à hauteur de 1 % du PIB européen (4) ne semblent pas à la hauteur des spéculations des marchés.

La monétisation de ces déficits est incontournable, de notre point de vue. Rien ne pourra se faire sans le financement des banques centrales. Deux questions se posent alors : les classes politiques américaines et européennes souhaiteront-elles s’engager dans cette voie, ou alors s’accommoderont-elles d’une croissance amoindrie pendant quelques années ? Si les politiques et les banques centrales optent pour la monétisation de déficits colossaux, l’inflation va-t-elle revenir et la confiance dans la monnaie va-t-elle perdurer ? 

Pour ce qui concerne la volonté politique, on sait qu’aux USA, il existe un fort courant en faveur de la monétisation massive des dettes publiques et l’on trouve des partisans de cette stratégie chez les démocrates comme au sein de l’administration actuelle, Trump lui-même y étant très favorable. Du côté européen, les choses sont moins évidentes : l’Allemagne et les Pays-Bas ont accepté des plans de soutien en urgence mais il est loin d’être sûr qu’ils cautionnent des plans de relance de plusieurs points de PIB financés par la BCE. Le pari des marchés est probable pour ce qui concerne les USA, moins évident s’agissant de la zone euro.

Ensuite, faut-il craindre un incident monétaire en cas de monétisation massive des déficits ? Un financement de grande ampleur semble possible sans provoquer de crise monétaire, d’une part parce que le choc déflationniste causé par les confinements est tel qu’une inflation forte a peu de chance de revenir, d’autre part parce que la confiance des américains et des européens envers leur monnaie (5) ne s’est pas démentie ces dernières années malgré la rupture conceptuelle que les politiques non conventionnelles ont introduite.

En définitive, investir sur les marchés des actions actuellement nécessitent évidemment de bien cibler les secteurs qui constitueront l’économie des prochaines années du fait des ruptures durables que la crise sanitaire actuelle provoque. Mais il faut ensuite, premièrement espérer que la classe politique occidentale va faire le choix de déficits très forts pour relancer l’économie, deuxièmement que la monétisation des dettes publiques ne provoquera pas de rupture monétaire. Ces deux hypothèses sont probables aux USA. En Europe il est moins sûr que l’Allemagne valide complètement une telle ambition.

Achevé de rédiger le 5 mai 2020 par Florent Delorme, Macro Stratégiste

(1) FMI World Economic Outlook April 2020
(2) Bloomberg
(3) OCDE Economic Outlook, novembre 2019, Focus Note 3 Rebalancing the policy mix in the euro area
(4) Reuters, What we know of eu commissions post coronavirus economic recovery plan, 2 avril 2020
(5) L’euro, une devise populaire malgré une activité atone, Les Echos 4 décembre 2019

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La valeur liquidative des fonds pourra aussi bien baisser qu’augmenter. Ainsi, la valeur de votre investissement pourra aussi bien baisser qu’augmenter et il est possible que vous ne récupériez pas la totalité de votre investissement initial. Nous ne sommes pas autorisés à donner des conseils financiers. En cas de doute quant à la pertinence de votre investissement, nous vous invitons à vous rapprocher de votre conseiller financier. Les opinions exprimées dans le présent document ne sauraient en aucun cas constituer des recommandations, des conseils ou des prévisions.

Ce document est destiné à l’usage des professionnels uniquement, sa distribution est interdite à toute autre personne ou entité, qui ne devrait pas s’appuyer sur les informations qu’il contient. Ce document financier promotionnel est publié par M&G International Investments S.A. Siège social: 16, boulevard Royal, L 2449, Luxembourg.