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Cororavirus : point de situation au 2 avril

02/04/2020

Dans les circonstances actuelles sur les marchés, plusieurs éléments sont encourageants cette semaine : De nombreuses émissions témoignant de la reprise du marché du crédit, des spreads qui se sont détendus ces derniers jours, et une économie chinoise qui se remet lentement en marche. Cependant certains sujets demeurent préoccupants : Les agences de rating mettent sous surveillance voire dégradent de nombreux émetteurs, la situation sanitaire et économique des USA mais également la forte dégradation de la situation européenne.

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Plusieurs éléments sont encourageants cette semaine 

1) De nombreuses émissions témoignant de la reprise du marché du crédit

Il y a deux semaines, seules des entreprises comme Exxon ou PepsiCo pouvaient se permettre de se présenter au marché. De nombreuses émissions obligataires ont eu lieu sur le marché de la dette d’entreprises Investment Grade et ceci témoigne de l’appétit retrouvé des investisseurs pour ce segment. Oracle, qui a pourtant vu son rating baisser ces derniers jours, a levé sans difficultés 20 milliards de dollars. 

Les très fortes émissions sur le segment de l’Investment Grade ont fini par réveiller le marché du High Yield. Des entreprises de la catégorie High Yield sont revenues sur le marché avec par exemple l’entreprise YUM ! (restauration rapide) aux USA qui comptait offrir 500 millions de dollars et qui a finalement émis davantage (600 millions de dollars) face à la forte demande du marché.

La semaine dernière les entreprises américaines ont levé 109 milliards de dollars et n’ont pas pu satisfaire toute la demande qui a atteint 550 milliards.

En Europe, ce sont 75 milliards d’euros qui ont été émis, ne pouvant là-aussi satisfaire la demande des investisseurs qui s’est établie à 109 milliards d’euros. ABInBEV a ainsi levé 4.5 milliards d’euros. Airbus a émis 2.5 milliards d’euros. L’opérateur de croisières Carnival, récemment dégradé de BBB à BBB- par S&P, a levé 4 milliards de dollars à trois ans, certes à un taux de 12%...Daimler est également en cours de levée de fonds.

2) Les spreads se sont détendus ces derniers jours 

Euro IG : de 189 bp le 25 mars à 179 bp le 1er avril
Euro HY : de 815 bp le 25 mars à 746 bp le 1er avril
US IG : de 313 bp le 25 mars à 274 bp le 1er avril
US HY : de 1021 bp le 25 mars à 887 bp le 1er avril

3) L’économie chinoise se remet lentement en marche

Les indices PMI officiels se redressent. Le PMI manufacturier passe de 35,7 à 52 et le PMI des services évolue de 29,6 à 52,3. Les observateurs notent néanmoins la faiblesse de la dynamique des commandes venant de l’international et l’allongement des délais de livraison des fournisseurs de l’économie chinoise.

Mais des sujets demeurent préoccupants 

1) Les agences de rating mettent sous surveillance voire dégradent de nombreux émetteurs

De nombreuses entreprises ont vu leur note dégradées ou mises sous surveillance ces derniers jours. Par exemple dans le cas de l’agence S&P :

a. Le 1er avril : Deutsche Telekom
b. Le 31 mars : JC Decaux, Toyota, Continental AG
c. Le 27 mars : Airbus, Rolls Royce, Unibail, Westfield
d. Le 26 mars : Daimler, Canadian Oil, Schlumberger
e. Le 25 mars : Aéroport de Paris, BASF, Engie, General Motors, Honda
f. Le 24 mars : Cap Gemini, Chevron Phillips Chemical

2) La situation sanitaire et économique des USA va fortement se détériorer dans les prochaines semaines

Le confinement se déploie et hier ce sont la Floride et la Pennsylvanie qui sont entrés en quarantaine. Le scénario d’une trajectoire en V de l’économie américaine, c’est-à-dire d’une reprise rapide et forte après une chute brutale, est de plus en plus remis en cause. 

Le nombre de chômeurs va augmenter de manière spectaculaire dans les prochaines semaines. La semaine du 20 mars, 3.2 millions de personnes ont initié une demande d’allocation chômage contre 282 000 la semaine précédente. Les économistes de Bloomberg s’attendent à ce que pour la semaine du 27 mars, 3.7 millions de personnes aient déposé un dossier de demande d’allocation. 

A titre d’exemple, 630 000 magasins de commerce de détail ont fermé aux USA et pour beaucoup commencent à licencier leur personnel. La Fédération Nationale de la Distribution estime que le chiffre d’affaires perdu en trois mois de fermeture escomptés est de 430 milliards de dollars.

La composante « nouvelles commandes » de l’ISM manufacturing s’est établi à 42.2 en mars, en baisse de 7.6 point par rapport au mois précédent.

Il n’est pas sûr que le plan de relance de l’administration américaine suffise à provoquer la reprise rapide que certains attendent. Sur les 2000 milliards de dollars annoncés par l’administration Trump, seule environ la moitié consiste en une aide directe aux agents économiques (290 milliards de versements aux ménages, 290 milliards de dollars de baisse d’impôts et 260 milliards de dollars pour augmenter les allocations chômage). Une grande part est constituée de prêts pour traverser la crise (532 milliards de prêts aux grandes entreprises et 377 milliards de prêts aux petites entreprises). Ceci n’empêchera pas une récession et ne garantit pas une reprise rapide dans un contexte où les entreprises conserveront un comportement d’investissement et d’embauche prudent. 

Le marchés des actions, avec un indice S&P 500 aux niveaux de début 2019, n’intègre peut-être pas complètement ce scénario économique.  Il faut par ailleurs ajouter que le moteur des rachats d’actions va être au point mort pour un certain temps, à la fois du fait de l’initiative des entreprises et de la pression des pouvoirs publics. Quant aux versements des dividendes, la banque d’investissement Jefferies estime qu’une soixantaine de grandes entreprises américaines pourrait couper leur dividendes.

Le mouvement est d’ailleurs également en marche de ce côté-ci de l’Atlantique avec en France de nombreuses entreprises qui ont annoncé qu’elle allait supprimer ou réduire le dividende 2019 : Engie, Dassault Aviation, M6, Coface, Veolia, Michelin, Société Générale, Natixis, ADP, Nexans, Airbus, Safran, JC Decaux, Altice, CNP, Auchan.

3) Confirmation de la forte dégradation de la situation européenne

En Europe, l’indice PMI manufacturier a été confirmé à 44.5 contre 49.2 le mois précédent et l’indice PMI des services s’est établi à 28.4 contre 52.6 le mois précédent.

Achevé de rédiger le 2 avril par Florent Delorme, Macro stratégiste
Source : Bloomberg pour toutes les données à l’exception des données sur le commerce de détail aux USA qui proviennent du Financial Times.

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