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Impact des programmes de Joe Biden et de Donald Trump sur les investisseurs

25/09/2020

La prochaine élection présidentielle américaine va probablement entraîner des évolutions majeures en matière de fiscalité, de dépenses, de climat et de santé, mais peut-être pas dans le domaine du commerce

Randeep Somel, Associate, Gérant de portefeuille, M&G Investments

La fête du travail (Labor Day), le premier lundi de septembre, constitue le départ officieux de la dernière ligne droite de la campagne électorale présidentielle aux États-Unis, dans le sillage des conventions nationales des deux principaux partis.

Les discours lors des conventions et pendant la campagne électorale ont porté davantage sur le profil des candidats que sur les politiques envisagées, mais il est aujourd’hui possible de décrypter ce qu’impliquerait un second mandat républicain sous la houlette de Donald Trump ou d'une présidence démocrate en cas de victoire de Joe Biden.

Les projets fiscaux de Joe Biden

Les Démocrates sont souvent partisans d’une augmentation des impôts et des dépenses et une victoire de Joe Biden ne remettrait certainement pas en cause cette tendance. Les augmentations d’impôts envisagées sur les contribuables les plus aisés et les entreprises permettraient de lever environ 3 200 milliards de dollars sur 10 ans.

Pour mettre ce chiffre en perspective, il faut savoir que le Congressional Budget Office anticipe un déficit du budget fédéral d’environ 3 300 milliards de dollars pour 2020, soit 16 % du produit intérieur brut (PIB) américain. Il s’agit du déficit le plus élevé par rapport à la taille de l’économie américaine depuis 1945. Même avant le coronavirus, le déficit budgétaire de 2019 était de 1 000 milliards de dollars par an.

Lorsque les taux d'intérêt sont très bas comme c’est le cas actuellement, la faiblesse des coûts de remboursement facilite les efforts budgétaires. Toutefois, s’ils devaient finir par augmenter, les intérêts à rembourser mettraient sous pression les finances du gouvernement fédéral.

Pour financer des mesures de relance budgétaire, les projets de Joe Biden impliqueraient une hausse des impôts sur le revenu. Actuellement, les cotisations (payroll taxes) au régime de sécurité sociale ne sont prélevées qu’à hauteur de 6,2 % du salaire (cotisations salariales et patronales) sur les premiers 137 000 dollars de revenu annuel. Le candidat démocrate appliquerait également ce taux aux revenus supérieurs à 400 000. Il chercherait également à augmenter le taux marginal supérieur de l'impôt sur le revenu (applicable aux revenus supérieurs à 510 300 dollars) de 37 % à 39,6 %.

Les projets de Joe Biden et les entreprises américaines

L'ancien vice-président démocrate augmenterait également le taux d'imposition des sociétés de 21 % à 28 %. Même si cette mesure affecterait les établissements bancaires, qui n'ont pas de dépenses d'investissement ni de dépenses de R&D permettant d’avoir un effet compensateur, un impôt sur les sociétés à 28 % reste inférieur au taux imposé par le président Obama, qui avait incité de nombreuses entreprises américaines à laisser leurs capitaux à l'étranger pour éviter une hausse de leurs impôts sur leur territoire.

Joe Biden a également déclaré par le passé que les entreprises américaines devraient arrêter de racheter leurs propres actions. Bien qu'il s'agisse probablement d'une théorie populiste, l’adoption d’une telle mesure aurait un impact négatif sur le marché actions américain compte tenu des rachats d’actions gigantesques opérés par les entreprises américaines.

Une augmentation du salaire minimum fédéral est plus probable, l'équipe de campagne de Joe Biden ayant déclaré qu'il serait porté à 15 dollars de l'heure. Cette mesure devrait doper les dépenses discrétionnaires mais elle serait défavorable pour les petits employeurs et ceux présents dans le secteur du commerce de détail, qui a déjà été malmené pendant la période de confinement du printemps 2020 en raison du coronavirus.

Changement climatique et santé

Les États-Unis ont annoncé vouloir, sous la houlette de Donald Trump, se retirer de l'accord de Paris sur le changement climatique. Il reviendra au prochain président de statuer sur la décision finale de la première économie mondiale.

Si Joe Biden est élu, les États-Unis resteront presque certainement signataires et mettront en place un plan visant à atteindre un niveau d’émissions nettes nulles d'ici 2050. Le candidat démocrate a annoncé un plan climatique qui impliquerait l’investissement de 2 000 milliards de dollars sur quatre ans pour accroître sensiblement l'utilisation des énergies propres dans les secteurs des transports, de l'électricité et du bâtiment. Cette proposition a vocation à stimuler la croissance économique et à renforcer les infrastructures, tout en luttant contre le changement climatique.

La santé est un autre champ de bataille électoral. Sous la présidence de Joe Biden, des politiques visant à soutenir un accès élargi aux soins de santé, via notamment un refinancement du plan Obamacare, seront probablement à l'ordre du jour. Il est en revanche peu probable que nous assistions à la mise en place d’un prestataire de soins de santé national unique, comme le proposent d'autres candidats plus à gauche du parti démocrate.

M. Trump a également haussé le ton sur la question des prix des médicaments (généralement plus élevés aux États-Unis), en déclarant qu'il les ramènerait au niveau des prix observés à l’échelle mondiale. Ces diverses propositions pourraient entraîner une certaine volatilité des actions du secteur de la santé à l'approche des élections, mais la menace qu’aurait pu poser un président démocrate plus radical est derrière nous.

« Made in America »

Les Républicains et les Démocrates ont fait l'éloge des syndicats et soutenu les propositions visant à relocaliser la production sur le territoire américain. La loi American Foundries Act 2020, par exemple, bénéficie d'un soutien bipartisan visant à stimuler la production nationale de puces pour semi-conducteurs.

Depuis qu'il a annoncé sa candidature en 2015, Donald Trump n'a cessé d'affirmer que les États-Unis avaient conclu des accords commerciaux qui leur étaient défavorables et qu'il les renégocierait, en menaçant de recourir à des droits de douane et à des mesures de représailles le cas échéant.

Pour reconquérir les électeurs du monde ouvrier dans des États charnières tels que la Pennsylvanie, l'Ohio, le Michigan et le Wisconsin, les Démocrates ont retiré leur soutien quasi-total aux accords commerciaux internationaux et ont également durci le ton sur cette question.

Si une présidence Biden serait plus favorable aux entreprises asiatiques qui commercent avec les États-Unis qu’une présidence républicaine, la période dorée du commerce international sans entraves sous les présidents Clinton, Bush Jr et Obama semblent être terminée.

Une vague démocrate en 2020 ?

Ce n'est pas seulement la désignation du président qui va compter au mois de novembre, mais aussi le parti qui sera à la tête des deux chambres du Congrès. L'ensemble des sièges de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat américain sont remis en jeu.

Actuellement, les Démocrates contrôlent la Chambre des représentants et les Républicains le Sénat. Pour mettre en œuvre son programme législatif, Joe Biden aurait besoin que les deux chambres du Congrès deviennent démocrates.

Les sondages ont régulièrement montré une avance de Joe Biden sur Donald Trump, mais il est bon de rappeler que presque tous les sondages prédisaient une victoire d'Hillary Clinton en 2016. La pandémie et les troubles civils risquent de remettre encore plus en question l'exactitude des sondages.

N'oublions pas non plus que dans le système du collège électoral, les États charnières revêtent une importance particulière dans l'élection du président. Les sondages dans ces États augurent toujours une victoire de Joe Biden, mais les prévisions sont beaucoup plus serrées au niveau national.

Le résultat sera probablement serré

Avec l'augmentation des votes par correspondance cette année, qui prendront du temps à décompter, un remake de l'élection de 2000 est possible et aucun vainqueur ne pourrait être déclaré le soir du scrutin.

Des polémiques à ce sujet sont très probables. En 2005, une commission bipartisane présidée par l'ancien président américain Jimmy Carter avait estimé que le vote par correspondance était le système le plus favorable aux fraudes électorales. En cas de fraude présumé, l'un des deux candidats pourrait refuser le résultat et l’élection pourrait être validée par la Cour suprême des États-Unis, comme ce fut le cas en 2000. Une telle situation aurait une dimension très politique.

L'investiture du prochain président américain n'interviendra pas avant le 20 janvier 2021, ce qui laisse du temps pour résoudre ces questions, mais toute contestation du résultat serait à coup sûr source d'incertitude sur les marchés jusqu'à ce qu'un vainqueur soit officiellement désigné.

Les opinions exprimées dans le présent document ne sauraient en aucun cas constituer des recommandations, des conseils ou des prévisions.

M&G n’est pas autorisé à donner des conseils financiers. En cas de doute quant à la pertinence de votre investissement, nous vous invitons à vous rapprocher de votre conseiller financier.

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