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La BCE a-t-elle le choix ?

04/10/2019

Depuis l’annonce par Mario Draghi de mesures destinées à amplifier l’assouplissement monétaire, les critiques reprennent et nombreux sont ceux qui mettent en avant les effets indésirables des taux négatifs. Toutes ces objections sont fondées et légitimes mais pour autant les banques centrales, et en particulier la BCE, peuvent-elles mener une autre politique ?

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Depuis l’annonce par Mario Draghi de mesures destinées à amplifier l’assouplissement monétaire, les critiques reprennent et nombreux sont ceux qui mettent en avant les effets indésirables des taux négatifs : mise en difficultés des banques commerciales, pénalisation des épargnants, maintien artificiel en activité d’entreprises peu rentables qualifiées de « zombies », création de bulles immobilières. La capacité de ces politiques à augmenter l’investissement est également questionnée puisque ce sont les carnets de commande qui font l’investissement davantage que la possibilité de se financer à taux bas. Enfin la nécessité de maintenir une cible d’inflation à 2% est remise en cause et beaucoup s’interrogent sur la pertinence d’un tel objectif. Toutes ces objections sont fondées et légitimes mais pour autant les banques centrales, et en particulier la BCE, peuvent-elles mener une autre politique ?

Après une décennie de baisse continue des rendements, les agents économiques partout dans le monde sont très fortement endettés et une hausse significative des taux serait de nature à provoquer une récession mondiale. Une normalisation des politique monétaires entraînerait notamment des difficultés de refinancement des Etats et des entreprises, la correction du marché immobilier, la forte baisse des marché des actions, la diminution rapide des financements et de la liquidité sur le marché du crédit et par voie de conséquence la chute de l’investissement et de la consommation.

Il n’est possible de sortir de ces politiques très accommodantes que dans un contexte de forte croissance. La dynamique de l’activité est alors telle que les acteurs économiques peuvent sans vaciller absorber des coûts de financement plus élevés. La forte activité de 2017 a d’ailleurs autorisé les responsables monétaires à évoquer dès 2018 une normalisation qui dans le cas de la FED s’est déployée dans la seconde moitié de 2018. Mais simultanément les perspectives se sont assombries avec l’intensification de l’offensive commerciale des USA et les difficultés intrinsèques de l’économie chinoise. Il n’était plus possible de normaliser et les marchés ont d’ailleurs fortement baissé lors du dernier trimestre 2018. 

Ainsi dans l’environnement actuel de ralentissement du commerce mondial les banquiers centraux n’ont sans doute pas d’autres choix que de poursuivre leurs politiques accommodantes. Entre la récession assurée d’un côté et les dommages collatéraux des taux négatifs, les grands argentiers ont choisi. Il sera toujours temps de sortir de ces politiques quand le contexte sera plus propice.

Achevé de rédiger le 17 septembre 2019, par Florent Delorme, macro analyste chez M&G Investments. 

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