Vues sur les infrastructures cotées

10/03/2020

Dans cet entretien, Alex Araujo, gérant du fonds M&G (Lux) Global Listed Infrastructure Fund, revient sur la stratégie du fonds et son positionnement actuel et explique quelles sont les opportunités pour les infrastructures cotées et pour le fonds.

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Quelle est l’incidence de la Nouvelle route de la soie (« Belt and Road Initiative ») sur le secteur des infrastructures ? Joue-t-elle un rôle dans vos décisions d’investissement ?

Notre stratégie se concentre sur les entreprises dotées d’infrastructures physiques existantes et qui génèrent des flux de trésorerie stables et croissants sur le long terme. Les actifs physiques constituent une barrière à l’entrée, par opposition aux constructeurs d’infrastructures qui suivent une dynamique différente. Pour cette raison, nous ne sommes pas tributaires des programmes lancés par les pays, que ce soit en Chine ou aux États-Unis. Les cimentiers et constructeurs ne font pas partie de notre univers d’investissement.

De nombreux marchés émergents bénéficient sur le plan économique de la hausse des investissements dans les infrastructures mais en tant qu’investisseurs en actions, il est important que les candidats au portefeuille respectent des normes strictes en matière de gouvernance d’entreprise. La gouvernance est un aspect essentiel du dialogue que nous menons avec les dirigeants pour nous assurer que les entreprises dans lesquelles nous investissons sont gérées dans l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes, y compris des actionnaires.

Les décisions d’investissement prises pour le compte du fonds reposent sur une sélection de titres « bottom-up » sur la base de l’analyse fondamentale de chaque entreprise. La stratégie est clairement axée sur les propriétaires et exploitants d’infrastructures physiques qui fournissent des services essentiels au bon fonctionnement de la société actuelle, des actifs critiques qui forment la colonne vertébrale de l’économie mondiale.

Investir dans les marchés émergents comporte un risque de perte plus élevé en raison, entre autres facteurs, de risques politiques, fiscaux économiques, de change, de liquidité et réglementaires plus élevés. Il peut être difficile d’acheter, de vendre, de conserver ou d’évaluer des investissements dans ces pays.

Vous investissez dans trois segments (infrastructures économiques, sociales et évolutives). Avez-vous une préférence pour le moment ? Quelles sont, selon vous, les meilleures opportunités au sein de chaque segment ?

Les infrastructures économiques, qui représentent la plus grande part du portefeuille, englobent les services aux collectivités, l’énergie et les transports, traditionnels pivots de l’investissement dans les infrastructures. Les services aux collectivités sont généralement perçus comme des valeurs à profil obligataire n’offrant rien d’autre que de la stabilité, mais nous marquons une nette préférence pour les entreprises de croissance telles que Ørsted, qui bénéficie des tendances à long terme. L’entreprise danoise est le numéro un mondial de l’éolien offshore, le segment le plus dynamique des énergies renouvelables. La part des renouvelables dans la production d’énergie mondiale progresse à mesure que les réponses au défi du changement climatique se multiplient. Ce thème porteur devrait perdurer les décennies à venir. 

Les entreprises actives dans les infrastructures d’énergie et de transport sont également exposées aux tendances de croissance à long terme. Dans l’énergie, Enbridge possède et exploite des pipelines et des terminaux de stockage essentiels à la distribution des hydrocarbures provenant des bassins les plus prolifiques d’Amérique du Nord. Dans les transports, les aéroports détenus par des entreprises telles que Ferrovial (Londres Heathrow) ou Vinci (Lisbonne) bénéficient de la croissance structurelle liée à l’augmentation du nombre de passagers dans les pays asiatiques et émergents. Les infrastructures économiques sont plus que de simples actifs « refuges ».

Elles ne se limitent donc pas aux services aux collectivités, à l’énergie et au transport. Un portefeuille d’infrastructures cotées peut être beaucoup plus performant pour peu que l’on soit capable d’élargir notre champ d’action pour en exploiter toute la diversité. En conséquence, nous avons adapté l’univers investissable à l’air du temps et étendu l’éventail d’opportunités au-delà de la définition traditionnelle. Outre les infrastructures économiques, nous investissons dans deux autres catégories distinctes : les infrastructures sociales et les infrastructures évolutives.

Les infrastructures sociales, qui comprennent les établissements de santé et scolaires, présentent des caractéristiques similaires à celles de la sphère économique, mais avec des actifs différents qui offrent des avantages en matière de diversification. Comme pour les infrastructures économiques, l’attrait de ce segment ne réside pas seulement dans ses caractéristiques défensives. Ainsi, Unite Group connaît une croissance beaucoup plus rapide. Le leader britannique des logements étudiants est bien positionné sur un marché à la dynamique favorable qui se manifeste à travers le nombre record d’étudiants étrangers et la pénurie de logements de qualité.

Les infrastructures évolutives offrent une exposition à la croissance structurelle liée à l’essor de la société numérique. La croissance vigoureuse de cette catégorie d’infrastructures à l’avant-poste de l’innovation apporte une nouvelle dimension à une classe d’actifs dont la stabilité est la caractéristique première. La pénétration d’Internet et l’utilisation des données mobiles augmentent de manière exponentielle à travers le monde. Dans ce contexte, consommateurs comme entreprises dépendent de ces réseaux d’infrastructures pour assouvir leur insatiable soif d’information. Les centres de données, les réseaux à haut débit et les tours de télécommunications, qui profitent de cette prolifération des données, représentent donc des opportunités de croissance extrêmement intéressantes au sein du portefeuille.

Quelle importance accordez-vous aux politiques de dividendes des entreprises dans vos décisions d’investissement ?

Nous cherchons à garantir un flux de revenus croissants à nos investisseurs. Dans cette optique, les entreprises incluses dans le portefeuille versent non seulement des dividendes, mais mettent également tout en œuvre pour augmenter le niveau de leurs distributions. Les entreprises d’infrastructures dans lesquelles nous investissons sont susceptibles de dégager des flux de trésorerie stables et croissants (généralement protégés contre l’inflation) qui, à leur tour, pourraient leur permettre d’augmenter progressivement les dividendes versés.

La croissance des dividendes joue un rôle de premier plan dans notre philosophie d’investissement. Investir dans des entreprises dont les dividendes augmentent régulièrement s’avère une stratégie payante sur le long terme, étayée par des preuves empiriques. Les actionnaires ne sont pas les seuls bénéficiaires de la progression des dividendes, les entreprises le sont aussi. Selon nous, une politique de dividendes progressifs aide les entreprises à s’améliorer car elle instille une stricte discipline en matière d’allocation des ressources. Des dividendes régulièrement en hausse déterminent la quantité de liquidités pouvant être réinvesties dans l’entreprise, ce qui garantit que seuls les projets les plus rentables seront sélectionnés. Les dividendes ne doivent pas être relégués au second plan ; ils se doivent de faire partie intégrante de la bonne gestion des entreprises afin que celles-ci puissent se développer de manière avisée.

La valeur et les revenus générés par l’actif du fonds fluctueront à la hausse comme à la baisse. Ainsi, la valeur de votre investissement pourra aussi bien baisser qu’augmenter. Rien ne garantit que le fonds atteindra son objectif et il est possible que vous ne récupériez pas la totalité de votre investissement initial.

Quelle est l’importance de la politique monétaire des banques centrales pour le fonds ? Les valeurs à « profil obligataire » font-elles leur grand retour ?

Ce n’est pas la trajectoire des taux d’intérêt, mais la capacité des positions sous-jacentes du fonds à réaliser leur potentiel de croissance qui détermine la performance du fonds sur le long terme. L’intérêt des infrastructures cotées n’est pas circonscrit à leur nature défensive. Selon nous, cette classe d’actifs offre un large éventail d’opportunités de croissance pour générer des performances supérieures à l’inflation sur le long terme. 

Nous sommes convaincus que nos positions ne doivent pas être traitées comme des valeurs à profil obligataire qui, par définition, offrent un rendement élevé sans croissance. Nous ne nous contentons pas d’identifier les actions défensives, très prisées dans un environnement de taux d’intérêt bas. Notre accent sur la croissance nous met en bonne position pour profiter des opportunités à long terme offertes par la classe d’actifs dans un environnement économique plus stable.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Positionnez-vous le fonds au gré des opinions macroéconomiques ? Comment est-il positionné à l’heure actuelle ? Pourquoi investir dans les infrastructures cotées/votre fonds ?

Les caractéristiques défensives des infrastructures cotées attirent l’attention à une période où les incertitudes brouillent les perspectives économiques à court terme. Selon moi, la surperformance de la classe d’actifs durant les phases de turbulences ne reflète pas uniquement le sentiment du marché, qui peut être changeant. La résistance des infrastructures cotées est justifiée par des fondamentaux solides et la performance opérationnelle des entreprises. Il existe des preuves empiriques démontrant la protection contre les récessions généralement conférée par ces modèles économiques qui résulte de la nature essentielle des actifs sous-jacents. Par exemple, les flux de trésorerie générés par les entreprises d’infrastructures cotées et les dividendes versés par celles-ci sont restés relativement stables pendant la crise financière avant de renouer avec leur trajectoire haussière. 

Ceci dit, il est important de ne pas perdre de vue la nature à long terme de la classe d’actifs. L’environnement macroéconomique immédiat a peu d’incidence sur les résultats des sociétés d’infrastructures susceptibles de dégager des flux de trésorerie stables et croissants sur plusieurs décennies. Ce sont en effet les tendances puissantes dans l’économie mondiale - et la croissance générée par ces tendances structurelles - qui ont une plus grande influence à long terme sur les groupes d’infrastructure cotés et sur les performances de la classe d’actifs. Les énergies renouvelables, les transports du futur, l’urbanisation, la connectivité universelle, la gestion de l’eau et des déchets ou les changements sociaux et démographiques ne sont que quelques-uns des thèmes sous-tendant la performance à long terme du fonds.

Les soubresauts des cycles économiques ne sont qu’un épiphénomène par comparaison avec cette croissance structurelle. Nous estimons que le moment est particulièrement bien choisi pour profiter des multiples opportunités à long terme offertes par cette classe d’actifs prometteuse.

Nous ne sommes pas autorisés à donner des conseils financiers. En cas de doute quant à la pertinence de votre investissement, nous vous invitons à vous rapprocher de votre conseiller financier. 

Les opinions exprimées dans le présent document ne sauraient en aucun cas constituer des recommandations, des conseils ou des prévisions.

Avant toute souscription, vous devez lire le Prospectus, qui contient une description des risques d'investissement associés à ces fonds. Les informations contenues dans le présent document ne remplacent en aucun cas un conseiller financier indépendant. Les Statuts, le Prospectus, le Document d’Informations Clés pour l’Investisseur (DICI), les Rapports Annuels et Intérimaires et les Etats Financiers des Fonds peuvent être obtenus gratuitement auprès M&G International Investments S.A.; de la succursale française du distributeur : 8 rue Lamennais, Paris 75008 Paris ; ou auprès de l’agent de centralisation français du Fonds: RBC Investors Services Bank France. Ce document financier promotionnel est publié par M&G International Investments S.A. Siège social : 16, boulevard Royal, L 2449, Luxembourg.